Jeudi 20 août
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18:45
L'aventure au Cap d'Agde... Une aventure, que dis-je, une escapade, non plus... Un emerveillement au pays du naturisme et du libertinage dans ses plus nobles atouts.
Une semaine dans ce petit village érotique, un village d'irréductibles accrocs au bien être sans artifice, ouverts aux faveurs de la féminité et irrésistiblement rythmé par la mer, la lingerie fine
(ou lourde), la musique et la sueur, la sensualité et la chaleur, la danse, le bruit et l'odeur...
Le matin câlin, sous un soleil invité jusque dans les draps, le midi coquin en fûretant dans les bars où les regards se croisent, se décroisent, se recroisent, où les sourires se dessinent, se
précisent, s'improvisent... Le visage prend une dimension puissante. Toute attention est minutieusement appréciée, évaluée, acceptée ou déclinée. Le corps prend le pouvoir. Nues, les femmes
aux poitrines généreuses vulgairement dévisagées comme "grosses" dans le monde réel deviennent des déesses frivoles, légères et belles. Le village leur offre un espace. Leur coprs y fait sa place.
Les silhouettes fines y font parfois grise mine. Mais l'oeil de l'homme leur donne bonne mine. L'oeil des femmes sur les femmes est empli de curiosité. La main des femmes effleurent parfois la main
des femmes. Ces mêmes femmes qui en autre lieu seraient gênées, penseraient faire mal. Les hommes sont fiers. La parade est somptueuse. Petits, grands, forts ou fragiles, sveltes ou enveloppés,
musclés ou en devenir, chacun vibre d' une aisance facile. Ornée de bijoux ou d'instruments de plaisirs, mise à nue ou voilée, la bête est libre.
L'après midi est doux et lent. Une lenteur qui fige tout. Portes closes des magasins, restos au ralenti, marche et démarches posées... C'est l'éveil. Il est 16h.
L'appel de la mer. Un bord de mer plein d'enfants. Puis, après quelques centaines de mètres, un bord de mer avec moins d'enfants. Puis, après quelques centaines de mètres, une plage érotique. Plus
aucun enfant. Adultes, couples, chacals. Les chacals, ceux qui rôdent en espérant trouver sexualité pour l'instant ou pour la soirée... On se regarde. On s'observe. Tous. Les couples, les hommes
seuls. Mais des regards qui nourrissent. Tout est très calme. Très sexuel Aucunement vulgaire, mais très voyeur. Des voyeurs qui assument. Aucunement irrespectueux. La mise à nu est la première
marque de respect. Je te vois. Tu me vois. Je n'ai rien à cacher. Moi non plus. Pas de statut social. Pas de jugement de valeur. Oui, ce pays existe. Il est éphémere. Mais il existe.
Le soir. Retour ensoleillé. Bronzage. Peau sèche et salée. Douche. Apéro. Fraîcheur. Lecture. Baise. Douche. Sortie au resto. Puis.... 22H, c'est le réveil.
C'est l'heure des loups. Ceux qui partent en chasse d'eux mêmes. La meute se retrouve. Plusieurs meutes. Ceux qui préfèrent les clubs chics et chocs, affinent leur recherche et ont besoin de se
sécuriser dans un cadre sélect. Ceux qui vadrouillent, retournent à la plage, errent, partagent un peu de vent dans les cheveux et beaucoup de poésie près des vagues. Ceux qui se rassemblent
dans les dunes et s'envolent avec les chacals le temps d'un interdit excitant. Ceux qui appliquent les codes de rencontre et invitent au restaurant le ou les couples charmés, invitent ensuite à
croquer le dessert dans leur nid particulier. Ceux qui entrent en scène. Perruque, vinyl, cuir, strass, , gel, parfum, cire, bijoux, cordes, talons, échasses, pilotis, strings, dentelles,
paillettes, des artistes sexuels, qui en une tenue mettent le monde à leur pieds. Respect de l'originalité. Qu'on aime ou qu'on aime pas. Rien n'a d'importance. On aime regarder. Ils aiment jouer.
Il y a plein de meutes différentes. Discrètes. Parfois muettes. Parfois inaccessibles. ..Et puis il y a notre meute. Celle qui démarre dès 22h. Apotéose de la féminité.